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Indemnité compensatrice de congés payés - calcul 2026

Calcul de l'indemnité compensatrice de congés payés en 2026 avec règle du 1/10e vs maintien de salaire, fin de contrat, fiscalité et différé France Travail.

12 min de lecture

Signé par Kevin de CrossTheRoad, fondateur de CrossTheRoad. Les règles citées renvoient aux sources officielles indiquées en fin d'article (Code du travail, Service-Public, France Travail…). Ce guide aide à suivre vos démarches ; il ne remplace pas un conseil personnalisé.

L'indemnité compensatrice de congés payés garantit au salarié le versement d'une somme équivalente aux jours de repos acquis et non pris lors de la rupture de son contrat de travail. Encadrée par l'article L3141-28 du Code du travail, cette compensation financière s'impose dès que le contrat prend fin avant que le collaborateur n'ait pu solder l'intégralité de ses congés payés.

L'employeur compare obligatoirement deux modes de valorisation prévus à l'article L3141-24 du Code du travail, la règle du dixième de la rémunération brute globale et la règle du maintien de salaire. Le montant le plus avantageux pour le salarié s'applique automatiquement. Ce versement présente la nature juridique d'un salaire ordinaire soumis aux cotisations sociales et au prélèvement fiscal. Il entraîne également un différé d'indemnisation spécifique pour le versement des allocations France Travail.

Ruptures de contrat ouvrant droit au versement

Le repos annuel payé protège directement la santé du travailleur. Lorsque la relation contractuelle s'interrompt, la prise effective des jours restants devient impossible. Le législateur substitue par conséquent une indemnisation financière intégrale au repos non pris.

L'article L3141-28 du Code du travail dispose que l'indemnité compensatrice de congés payés est due dès lors que la rupture n'a pas permis la prise de tous les congés acquis. Ce droit s'applique sans condition d'ancienneté minimale et concerne l'ensemble des formes de rupture du contrat.

Motifs de rupture et ouverture du droit à l'indemnité
├── Démission du salarié (avec ou sans préavis exécuté) -> Droit intégral aux congés acquis
├── Licenciement économique ou pour motif personnel -> Droit intégral aux congés acquis
├── Licenciement pour faute grave ou faute lourde -> Droit intégral maintenu sans minoration
├── Rupture conventionnelle homologuée -> Droit intégral aux congés acquis
├── Fin de contrat à durée déterminée (CDD) ou de mission d'intérim -> Droit intégral aux congés acquis
└── Rupture de période d'essai (initiative patronale ou salariale) -> Droit intégral aux congés acquis

Historiquement, la faute lourde privait le collaborateur de son indemnité compensatrice de congés payés. Cette exception a été déclarée inconstitutionnelle par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2015-523 QPC du 2 mars 2016, puis abrogée par la loi n° 2016-1088 du 8 août 2016. Désormais, aucun motif disciplinaire ne peut justifier la suppression ou la minoration de cette créance salariale.

L'indemnité couvre deux catégories de droits distincts lors de l'établissement du solde de tout compte. Elle intègre les congés acquis au titre de la période de référence antérieure et non encore soldés à la date de rupture (solde N-1), ainsi que les congés en cours d'acquisition au titre de la période de référence active (solde N). La période légale d'acquisition s'étend du 1er juin de l'année précédente au 31 mai de l'année en cours, sauf accord d'entreprise retenant l'année civile.

Motif de ruptureÉligibilité à l'indemnitéBase légaleRemarques pratiques
DémissionDroit intégral ouvertArticle L3141-28Paiement avec le dernier salaire
Rupture conventionnelleDroit intégral ouvertArticle L3141-28S'ajoute à l'indemnité de rupture
Licenciement ordinaireDroit intégral ouvertArticle L3141-28S'ajoute à l'indemnité de licenciement
Licenciement disciplinaireDroit intégral ouvertDécision QPC 2015-523Aucun abattement légal admis
Fin de période d'essaiDroit intégral ouvertArticle L3141-28Calculé au prorata du temps travaillé
Fin de contrat à terme fixeDroit intégral ouvertArticle L1243-8S'ajoute à l'indemnité de fin de contrat

Méthodes d'évaluation du montant brut

Pour déterminer le montant brut exigible, l'article L3141-24 du Code du travail prescrit une double évaluation. L'employeur compare le résultat issu de la règle du dixième avec celui issu de la règle du maintien de salaire, puis verse le montant le plus favorable au salarié.

Principe du double calcul obligatoire
ICCP = Montant maximal entre la règle du 1/10e brut et la règle du maintien de salaire

Éléments intégrés dans l'assiette du dixième

La règle du dixième congés payés évalue l'indemnité à 10 % de la rémunération brute globale perçue par le salarié durant la période d'acquisition concernée. Cette assiette rassemble l'ensemble des éléments de rémunération versés en contrepartie directe de l'activité professionnelle.

  • le salaire de base contractuel fixe ;
  • les majorations pour heures supplémentaires et complémentaires ;
  • les primes de sujétion liées au travail dominical et aux astreintes ;
  • les primes de rendement ou de productivité individuelles ;
  • les commissions sur objectifs des commerciaux (Cass. soc., 24 sept. 2008, n° 07-42.200) ;
  • les avantages en nature nourriture ou logement ;
  • les indemnités de congés payés de l'année précédente ;
  • l'indemnité compensatrice de préavis en cas de dispense patronale.

Sont en revanche écartés de l'assiette du dixième les remboursements de frais professionnels réels et les gratifications bénévoles discrétionnaires. Il en va de même pour les primes annuelles forfaitaires allouées pour l'année entière sans distinction des temps travaillés et chômés, à l'image d'un treizième mois versé par ailleurs (Cass. soc., 8 juin 2011, n° 09-71.056).

Reconstitution du gain mensuel habituel

La méthode du maintien de salaire congés payés assure au salarié la rémunération exacte qu'il aurait perçue en continuant d'exercer ses fonctions durant le congé indemnisé. Le calcul s'appuie sur le salaire brut habituel du mois de la rupture et sur l'horaire réel de l'entreprise.

Maintien en jours ouvrés = (Salaire brut mensuel habituel / Jours ouvrés réels du mois) × Jours acquis
Maintien en heures réelles = (Salaire brut mensuel habituel / Heures réelles du mois) × Heures équivalentes

La jurisprudence de la Cour de cassation retient prioritairement la méthode des heures réelles de travail au cours du mois du départ pour refléter fidèlement l'organisation du poste.

Critère de comparaisonRègle du dixième (1/10e)Règle du maintien de salaire
Assiette de calculRémunération brute globale sur la période d'acquisitionSalaire brut habituel à la date de rupture
Éléments variablesIntègre heures supplémentaires et commissions directesReconstitue l'horaire théorique normal
Contexte favorablePériode avec commissions directes ou heures supplémentairesRevalorisation salariale récente ou rémunération fixe stable
Référence légaleArticle L3141-24 paragraphe IArticle L3141-24 paragraphe II

Exemple chiffré sur 14 jours ouvrés

Le calcul précis de l'indemnité compensatrice congés payés fin de contrat impose de chiffrer exactement le nombre de jours dus selon l'unité en vigueur dans l'entreprise.

Le Code du travail retient le décompte en jours ouvrables comme régime légal par défaut. En jours ouvrables, les droits s'étalent sur six jours ouvrables hebdomadaires, le samedi compris hors jours fériés chômés. Le collaborateur acquiert 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables par an. En jours ouvrés, le décompte couvre cinq jours travaillés par semaine. Par équivalence conventionnelle, le collaborateur acquiert 2,083 jours ouvrés par mois, soit 25 jours ouvrés par an.

Les deux méthodes aboutissent à une durée de repos identique. Lorsque le total des jours ouvrables acquis ne forme pas un nombre entier, l'article L3141-7 du Code du travail ordonne d'arrondir le résultat à l'entier supérieur.

Tableau de conversion des droits
├── 1 mois de travail effectif = 2,5 jours ouvrables = 2,083 jours ouvrés
└── 1 année complète travaillée = 30 jours ouvrables = 25 jours ouvrés

Cas pratique d'un départ en cours d'année

Répartition entre solde antérieur et période active

Prenons le cas d'une salariée cadre dont le départ prend effet le 30 septembre 2026 au sein d'une entreprise décomptant les congés en jours ouvrés (base de 25 jours annuels pour 35 heures par semaine).

Au jour de la rupture, son compteur enregistre 5 jours ouvrés acquis non pris au titre de la période N-1, ainsi que 9 jours ouvrés acquis sur la période N (4 mois de présence donnant 8,33 arrondis à 9 jours), soit un volume cumulé de 14 jours ouvrés à liquider.

Données financières de la collaboratrice.

  • Salaire brut habituel de septembre 2026 = 3 200 €
  • Rémunération brute globale sur la période N-1 (avec 2 400 € de commissions) = 40 800 €
  • Rémunération brute globale sur la période N (avec 1 000 € de commissions) = 13 800 €
  • Le mois de septembre 2026 compte 22 jours ouvrés travaillés.
Évaluation pour les 5 jours de congés N-1
1. Règle du 1/10e brut
   - Valeur pour 25 jours = 40 800 € × 10 % = 4 080 €
   - Valeur pour 5 jours = 4 080 € × (5 / 25) = 816,00 € brut

2. Règle du maintien de salaire
   - Valeur journalière en septembre = 3 200 € / 22 jours = 145,45 €
   - Valeur pour 5 jours = 145,45 € × 5 = 727,27 € brut

Montant retenu pour N-1 = 816,00 € brut (le 1/10e l'emporte grâce aux commissions).
Évaluation pour les 9 jours de congés N
1. Règle du 1/10e brut
   - Valeur globale sur la période = 13 800 € × 10 % = 1 380,00 € brut

2. Règle du maintien de salaire
   - Valeur journalière en septembre = 3 200 € / 22 jours = 145,45 €
   - Valeur pour 9 jours = 145,45 € × 9 = 1 309,09 € brut

Montant retenu pour N = 1 380,00 € brut (le 1/10e reste plus avantageux).

L'indemnité compensatrice de congés payés brute inscrite au reçu pour solde de tout compte s'élève au total à 816,00 € + 1 380,00 € = 2 196,00 € brut.

Si la collaboratrice avait bénéficié d'une augmentation sans commissions avec un salaire mensuel porté à 3 800 € brut, le maintien de salaire aurait généré (3 800 € / 22) × 14 = 2 418,18 € brut, devenant ainsi la méthode obligatoirement appliquée par l'employeur.

Pour évaluer votre propre situation et simuler vos montants, consultez le calculateur de solde de tout compte.

Cotisations sociales, fiscalité et différé France Travail

Contrairement aux indemnités de licenciement exonérées sous certains plafonds, l'indemnité compensatrice de congés payés suit le régime juridique strict des salaires ordinaires.

Le prélèvement social s'applique dès le premier euro pour financer la couverture maladie et les régimes de retraite. L'ensemble des cotisations sociales de base et complémentaires sont déduites du montant brut. Les contributions CSG et CRDS s'élèvent à un taux combiné de 9,70 % assis sur l'assiette abattue dans la limite légale des plafonds de sécurité sociale. Les retenues salariales globales oscillent généralement entre 21 % et 25 % du brut selon le statut cadre ou non-cadre du salarié.

L'imposition indemnité compensatrice congés payés obéit au droit commun des traitements et salaires. Le montant net imposable rejoint le revenu global soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu. L'employeur applique la retenue à la source au taux transmis par l'administration fiscale, puis transmet les données via la Déclaration Sociale Nominative (DSN).

Déduction des cotisations et de l'impôt
Montant brut de l'indemnité compensatrice
  - Cotisations salariales de sécurité sociale et retraite
  - CSG et CRDS (9,70 % sur l'assiette abattue)
= Rémunération nette imposable
  - Prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu (PAS)
= Montant net versé par virement bancaire

Sur la fiche de paie indemnité congés payés, le montant apparaît sur une ligne distincte désignée sous le libellé « Indemnité compensatrice de congés payés » ou « ICCP », séparée du salaire du mois et de l'indemnité compensatrice de préavis. Le reçu pour solde de tout compte mentionne ce montant parmi les créances salariales exigibles. Pour connaître les règles d'exigibilité et les délais de contestation de six mois, consultez notre dossier sur le délai de solde de tout compte.

Ligne de soldeStatut socialStatut fiscalÉchéance de paiement
Dernier salaire de baseCotisations ordinairesImposable au barèmeDate de paie habituelle ou départ
Indemnité compensatrice de congés payésCotisations ordinairesImposable au barèmeDernier jour du contrat
Indemnité compensatrice de préavisCotisations ordinairesImposable au barèmeDernier jour du contrat
Indemnité légale de licenciementExonérée selon plafondsExonérée d'impôtDernier jour du contrat

Quel est l'impact de l'indemnité sur vos allocations chômage ?

L'indemnité compensatrice de congés payés recule la date du premier versement de l'Allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE).

L'article R5422-1 du Code du travail prévoit l'application d'un différé chômage congés payés, aussi qualifié de différé spécifique congés payés. Le différé s'obtient en divisant le montant brut de l'indemnité compensatrice par le salaire journalier de référence (SJR) calculé par France Travail.

Différé congés payés (jours calendaires) = Montant brut de l'ICCP / Salaire Journalier de Référence (SJR)

Ce différé est plafonné réglementairement à 30 jours calendaires maximum, même si l'indemnité correspond à un nombre de jours supérieur.

Délais d'indemnisation France Travail
1. Fin du contrat (ou terme du préavis payé)
   + Différé spécifique congés payés (plafonné à 30 jours)
   + Différé spécifique des indemnités supra-légales de rupture (le cas échéant, plafonné à 150 jours)
   + Délai d'attente forfaitaire incompressible (7 jours calendaires)
= Date de départ effectif des allocations ARE

Pour un salarié recevant 2 100 € brut d'indemnité compensatrice avec un SJR fixé à 70 €, le calcul donne 2 100 / 70 = 30 jours de différé congés payés. Les versements France Travail débuteront donc après 30 jours de différé congés payés et 7 jours d'attente légale, soit 37 jours après la fin du contrat.

Documents de fin de contrat et organisation de la transition

La liquidation des congés payés s'adapte aux motifs de rupture et aux choix d'organisation du préavis.

Lors d'un départ volontaire, le salarié conserve l'intégralité de ses droits acquis. L'indemnité compensatrice de congés payés démission est réglée au terme du préavis. Si le collaborateur sollicite une dispense de préavis acceptée par la direction, le contrat prend fin sans indemnité de préavis. L'indemnité de congés payés est calculée sur les droits acquis à la date du départ réel. Pour analyser les effets d'un congé posé avant la notification d'un départ, lisez notre guide sur préavis de démission et congés payés, ou déterminez votre échéance avec le calculateur de date de fin de préavis de démission.

En cas de rupture anticipée de la période d'essai, le collaborateur perçoit l'indemnité de congés payés pour la durée réellement effectuée. Le salarié acquiert ses droits au prorata de ses semaines de présence (2,08 jours ouvrés pour quatre semaines).

Quand l'employeur dispense unilatéralement le collaborateur de préavis, il verse l'indemnité compensatrice de préavis. Cette période non travaillée restant assimilée à du travail effectif par l'article L1234-5 du Code du travail, le salarié continue d'acquérir des congés payés. L'indemnité compensatrice finale intègre ces jours supplémentaires majorés de 10 % sur le montant du préavis brut.

Au moment du départ, l'employeur remet le certificat de travail ainsi que le reçu pour solde de tout compte. Il délivre également l'attestation France Travail. Contrôlez scrupuleusement la ligne de congés payés sur votre attestation France Travail pour prévenir tout retard dans le calcul de votre différé d'indemnisation.

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